Une étude récente et complète a identifié l’agriculture comme la principale cause de dégradation des tourbières tropicales en Indonésie, au Pérou et en République Démocratique du Congo (RDC) — des pays qui abritent collectivement les plus grandes zones de tourbières tropicales au monde. Ces écosystèmes, bien qu’ils ne couvrent pas plus de 3 % de la surface terrestre de la planète, jouent un rôle disproportionné dans la régulation du climat en stockant d’énormes quantités de carbone, rendant leur conservation essentielle pour atteindre les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, en particulier ceux liés à l’action climatique et à la vie sur terre.
Les tourbières sont des sols gorgés d’eau riches en carbone organique accumulé au fil des millénaires. Lorsqu’elles sont perturbées, notamment par le drainage et la conversion des terres pour l’agriculture, elles libèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre, aggravant le réchauffement climatique. L’étude souligne que des activités agricoles telles que la culture de l’huile de palme en Indonésie, l’agriculture de subsistance au Pérou et l’agriculture des petits exploitants en RDC accélèrent la perte de tourbières, sapant les efforts pour atténuer le changement climatique.
La déforestation et le drainage des tourbières pour créer des terres arables émettent non seulement du dioxyde de carbone, mais menacent également la biodiversité et perturbent les moyens de subsistance locaux dépendants de ces écosystèmes. Les experts soulignent la nécessité de politiques d’utilisation des terres durables et de mécanismes d’application qui équilibrent le développement agricole avec la préservation écologique. L’incorporation de la protection des tourbières dans les stratégies climatiques nationales peut aider les pays à respecter leurs engagements dans le cadre de l’Accord de Paris tout en soutenant la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés.
Les résultats soulignent l’urgence d’une coopération internationale et d’un investissement dans la restauration des tourbières et les initiatives d’agriculture durable. Renforcer les systèmes de surveillance et promouvoir des pratiques agroécologiques qui maintiennent l’intégrité des tourbières pourrait réduire considérablement les émissions. La protection des tourbières tropicales s’aligne avec plusieurs ODD en préservant des puits de carbone critiques, en sauvegardant la biodiversité et en soutenant une croissance économique durable dans les régions vulnérables.
Alors que l’attention mondiale se concentre de plus en plus sur les solutions basées sur la nature pour le changement climatique, cette étude sert de rappel crucial que s’attaquer aux moteurs agricoles de la perte de tourbières est essentiel pour maintenir les bénéfices climatiques de ces écosystèmes et atteindre un avenir durable.

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