Dans le district de Kapuas Hulu à West Kalimantan, en Indonésie, une nouvelle initiative de conservation redéfinit l’engagement local envers la protection de la faune. Le programme pilote, connu sous le nom de KehatiKu—qui joue sur les mots indonésiens pour « mon cœur » et « biodiversité »—vise à inciter les résidents à soutenir la conservation des orangs-outans en offrant des récompenses financières pour des preuves photographiques de ces primates en danger.
Développée par un cabinet de conseil scientifique dirigé par le biologiste Erik Meijaard, cette approche cherche à transformer les perceptions traditionnelles des orangs-outans, les faisant passer de nuisibles ou sources de conflit à des composants précieux de l’écosystème local. En permettant aux membres de la communauté de gagner de l’argent grâce à des rencontres positives avec la faune, KehatiKu favorise un sentiment de responsabilité et démontre les avantages économiques de la préservation de la biodiversité.
Le modèle répond à des défis critiques auxquels sont confrontés les efforts de conservation à Bornéo, où la perte d’habitat et les conflits entre humains et faune menacent les populations d’orangs-outans. En impliquant directement les communautés locales dans la surveillance et la protection de ces animaux, le programme promeut également des moyens de subsistance durables, s’alignant sur les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies liés à la vie sur terre (ODD 15) et au travail décent et à la croissance économique (ODD 8).
Bien qu’encore à ses débuts, le pilote a montré des signes prometteurs de participation communautaire et une sensibilisation accrue à l’importance de la biodiversité. Les experts soulignent que de tels modèles innovants centrés sur la communauté pourraient être essentiels pour inverser le déclin de la biodiversité, en particulier dans des hotspots de biodiversité comme Bornéo où les méthodes de conservation traditionnelles ont eu un succès limité.
Alors que la perte de biodiversité mondiale s’accélère, des initiatives comme KehatiKu offrent des leçons pratiques sur l’intégration de la conservation avec des incitations économiques, garantissant que les populations locales coexistent non seulement avec la faune mais en bénéficient également. L’extension de tels programmes pourrait jouer un rôle clé dans la réalisation d’un développement durable et la préservation des habitats critiques pour les générations futures.

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